Une entreprise qui met en place le tri de ses biodéchets se pose la même question qu’un restaurant : à quel rythme faire enlever les bacs. Sauf qu’un bureau ne tourne pas sept jours sur sept et ne produit pas les mêmes déchets qu’une cuisine. Trop de passages, vous payez du vide. Pas assez, le bac fermente tout le week-end dans le local. Voici comment caler la bonne cadence pour des bureaux, un siège ou une cantine d’entreprise à Bordeaux.
Bureaux, sièges, cantines : de quels biodéchets parle-t-on
Dans une entreprise, les biodéchets ne ressemblent pas à ceux d’une cuisine de restaurant. Le gisement dominant, c’est le marc de café et les sachets de thé, parce que la machine tourne du matin au soir. Viennent ensuite les restes des déjeuners pris sur place, les fruits de la corbeille, et, quand il y a une cantine ou un restaurant d’entreprise, les épluchures et les restes de la production collective. Beaucoup moins de gras, d’os et de parures que dans une brasserie.
Avant de fixer une fréquence, il faut connaître son volume réel. L’ADEME donne une méthode simple pour les acteurs économiques hors métiers de bouche : examiner le contenu des poubelles d’ordures ménagères pendant une semaine type pour repérer la part d’alimentaire (economie-circulaire.ademe.fr). Vous obtenez un ordre de grandeur en kilos, la seule base sérieuse pour choisir une cadence.
Ce que dit la loi, et ce que fait Bordeaux Métropole
Aucun texte ne fixe de fréquence minimale de collecte. Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets s’impose à tous les producteurs sans seuil, entreprises et bureaux compris (ecologie.gouv.fr, ADEME). L’obligation porte sur le tri et l’orientation vers une filière de valorisation, pas sur le rythme des passages.
Un point local à connaître : Bordeaux Métropole ne collecte pas les biodéchets des professionnels. Un prestataire privé dédié à ce flux est obligatoire, même pour une entreprise qui a déjà un contrat de redevance spéciale avec la métropole (entreprendre.bordeaux-metropole.fr). Sur le rythme, la règle de bon sens partagée par les opérateurs est de collecter au moins une fois par semaine pour éviter la décomposition et les odeurs (Suez). En dessous d’un passage hebdomadaire, un bac de matière organique devient vite un problème d’hygiène dans un local fermé.
Le bon rythme selon vos effectifs
La fréquence dépend du volume, et le volume dépend de vos effectifs et de la présence ou non d’une cantine. Deux entreprises de 50 personnes ne produisent pas la même chose selon qu’elles ont un restaurant d’entreprise ou une simple kitchenette. Voici des repères par profil, alignés sur les volumes constatés à Bordeaux Métropole.
| Profil entreprise | Volume biodéchets / semaine | Fréquence conseillée | Budget mensuel HT |
|---|---|---|---|
| Petit bureau, TPE (café, quelques déjeuners) | 5 à 20 kg | 1 / semaine | 30 à 50 EUR |
| Bureau ou open space, sans cantine | 20 à 40 kg | 1 / semaine | 40 à 70 EUR |
| Entreprise avec espace déjeuner régulier | 40 à 80 kg | 2 / semaine | 80 à 180 EUR |
| Siège avec cantine ou restaurant d’entreprise | 80 à 150 kg | 3 / semaine | 110 à 280 EUR |
| Restaurant d’entreprise gros volume | 150 à 300 kg | 5 / semaine | 250 à 450 EUR |
Ces fourchettes couvrent le budget complet, location du bac et passages inclus. Pour le détail de ce qui compose la facture, voyez notre article sur le budget d’une collecte de biodéchets. Et pour un chiffrage immédiat à partir de votre situation, le calculateur donne volume, taille de bac et budget en quelques secondes.
Le facteur qui change tout par rapport à un restaurant : les jours ouvrés
C’est la vraie différence avec la restauration. Un restaurant travaille six à sept jours, souvent le plus fort le week-end. Une entreprise tourne du lundi au vendredi et ferme le samedi et le dimanche. Ça change la façon de caler la collecte.
Mieux vaut placer le passage en fin de semaine, le jeudi ou le vendredi, pour que le bac ne reste pas plein pendant deux jours de fermeture. Les ponts et jours fériés ne produisent rien, inutile de payer un enlèvement un lundi férié. Et pendant les congés d’été ou les fêtes de fin d’année, l’activité chute : une suspension ou une réduction temporaire de la fréquence évite les passages à vide. Un restaurant d’entreprise fait exception, avec un gros volume concentré sur le midi, cinq jours sur cinq, qui justifie souvent plusieurs passages par semaine. Même logique que pour un restaurant, calendrier différent. Nous l’avons détaillé côté salle dans notre guide sur la fréquence de collecte pour un restaurant. Un bon contrat s’ajuste à votre calendrier de présence au lieu d’imposer un rythme fixe toute l’année.
Immeuble tertiaire et mutualisation
Dans un immeuble de bureaux, un espace de coworking ou une zone d’activité, le local à déchets est souvent partagé entre plusieurs occupants. Deux conséquences pratiques. La première, l’accès : horaires, badge, local en sous-sol, autant de détails à cadrer avec le prestataire pour que le camion passe sans blocage. La seconde, et c’est la bonne nouvelle, la mutualisation. Plusieurs entreprises d’un même bâtiment peuvent regrouper leur collecte de biodéchets sur un même passage. Le coût baisse pour chacune et les rotations de camion diminuent. À une petite structure seule, cette mise en commun donne surtout un volume qui justifie un passage régulier, ce qui est difficile à atteindre à quelques kilos par semaine. Le sujet se règle avec le gestionnaire de l’immeuble ou le syndic.
Trouver votre cadence
Le bon rythme n’est pas une case standard, c’est votre volume réel multiplié par votre calendrier de présence. Commencez par estimer une semaine type, choisissez une fréquence de départ, puis réajustez après le premier mois. Un bac qui déborde, vous passez à la fréquence au-dessus. Un bac à moitié vide à chaque enlèvement, vous descendez d’un cran ou vous mutualisez. C’est un réglage, pas une décision définitive.
Si vous voulez caler la bonne fréquence pour vos bureaux ou votre cantine sans y passer du temps, demandez un devis. Réponse sous 24 heures et attestation de conformité fournie en 48 heures.